Je suis de retour dans ma petite chambre, j'ai retrouvé mes petites affaires, pour trop peu de temps à mon goût. Il y a toujours ici cette odeur étrange, à la fois rassurante et excitante, ce mélange à mourir d'enfance et d'inconnu, de retrouvailles et de frissons. J'ai eu ce vertige si particulier, tout à l'heure, en plongeant mon nez dans l'oreiller.
Ce séjour parisien. Je ne saurais apposer de justes mots pour tenter un début de quelconque explication. Ils étaient chouettes, tous les deux, sur le quai, à jouer au ballon Sncf, ils sentaient le pain au chocolat et ils étaient beaux, ils étaient un peu à moi, juste à cet instant là, je les partageais pas. Je me disais que personne jamais ne pourrait me voler ces images d'Eux, personne d'autre que moi jamais ne les verra exactement comme ça, à cet endroit là.
16h16
J'oscille entre plusieurs états successifs, j'attends de basculer totalement, peut-être, dans l'un ou l'autre des deux penchants. Mes bribes désordonnées ne satisfont que peu mes envies d'extériorisation. Envies faibles, d'ailleurs. Je veux garder encore un peu en moi tout ce qu'aura été ma Joie ces derniers mois. En garder la saveur, la distiller, et m'y plonger entièrement, y baigner mon coeur nu pour oser espérer continuer à le faire subsister jusqu'à mon retour.
Je vais laver mes cheveux, me changer, et accueillir comme il se doit entre l'espace de mes bras Clém&Claire. Quel bail... Waoh.
(On parlera des étoiles sur les dunes, tu verras...)